En 2026, la revalorisation des bases de la taxe foncière n’a été que de 0,8 %, la plus faible depuis des années. Le répit devrait être de courte durée : l’inflation est repartie à la hausse. Voici ce qu’il faut attendre, et comment s’assurer que son avis est juste.
L’essentiel en 30 secondes
- Les bases de la taxe foncière n’ont augmenté que de 0,8 % en 2026.
- Avec le retour de l’inflation, une hausse de l’ordre de 3 % est plausible en 2027, sans être acquise.
- La grande réforme des valeurs locatives ne changera aucun avis avant 2031.
La taxe foncière est due par celui qui est propriétaire au 1er janvier. Son montant dépend de deux choses : la valeur locative cadastrale du bien, fixée par l’administration, et les taux votés par la commune et l’intercommunalité. Chaque année, la loi revalorise automatiquement les valeurs locatives des logements selon l’inflation : c’est cette mécanique qui explique les fortes hausses de 2023 et 2024, puis la pause de 2026.
2026 : une pause relative
Le coefficient légal suit l’évolution sur un an de l’indice des prix harmonisé de novembre (article 1518 bis du CGI). En novembre 2025, il n’était que de 0,8 % : les valeurs locatives ont donc progressé de 0,8 % en 2026. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères, calculée sur la même base, a suivi.
La plupart des communes n’ont pas touché à leurs taux cette année d’élections municipales : selon les données de la DGFiP, environ 86 % les ont maintenus, mais 13,6 % les ont augmentés. Dans ces communes, la facture a nettement plus progressé que 0,8 %.
2027 : une hausse attendue, pas encore chiffrée
Le coefficient de 2027 dépendra de l’indice de novembre 2026, que l’Insee publiera mi-décembre. Les signaux vont tous dans le même sens : l’indice des prix harmonisé était estimé à +3,4 % sur un an en septembre 2026, porté par l’énergie, et l’Insee prévoyait environ 2,9 % pour la fin d’année.
Au 16 octobre 2026, le coefficient 2027 n’est pas connu. Une revalorisation de l’ordre de 3 % est plausible, sans être acquise. Le projet de loi de finances pour 2027 ne modifie pas ce mécanisme, mais il peut encore être amendé.
À cela s’ajoute un chantier mis en pause : la mise à jour par l’administration des « éléments de confort » (eau, électricité, WC, lavabo, douche, chauffage) de 7,4 millions de logements, avec une hausse moyenne estimée à 63 € par logement. En mai 2026, le ministre a indiqué au Sénat que chaque propriétaire recevrait d’abord un courrier dans son espace impots.gouv.fr et pourrait signaler une erreur, sans donner de date d’application.
2028 et 2031 : le calendrier de la grande réforme
La révision générale des valeurs locatives des logements, qui datent de 1970, était prévue pour 2026, puis pour 2028. La loi de finances pour 2026 l’a de nouveau repoussée, comme nous l’expliquions dans notre article sur la révision des valeurs locatives repoussée à 2031. Le calendrier officiel est désormais le suivant :
- 2028 : les propriétaires bailleurs déclareront les loyers pratiqués, qui serviront de référence au marché du 1er janvier 2028 ;
- avant le 1er septembre 2029 : un rapport au Parlement sur les effets de la réforme ;
- 2030 : les commissions locales fixent secteurs et tarifs ;
- 1er janvier 2031 : intégration des nouvelles valeurs dans les impôts.
Aucun avis ne sera donc modifié par la réforme avant 2031. Les simulations montrent des transferts entre logements : les biens anciens de centre-ville, souvent sous-évalués, pourraient y perdre, quand d’autres y gagneraient. Ces projections restent indicatives.
Lire son avis : un exemple chiffré
Exemple chiffré : une maison à 3 000 € de valeur locative
Taux cumulés de la commune et de l’intercommunalité : 40 % (chiffre fictif), hors ordures ménagères.
| Valeur locative cadastrale | 3 000 € |
| Base imposable après l’abattement légal de 50 % | 1 500 € |
| Taxe 2026 (1 500 € × 40 %) | 600 € |
| 2027 si les bases augmentent de 3 % (base 1 545 €) | 618 € |
| 2027 si la commune passe en plus de 40 % à 42 % | ≈ 649 €, soit + 8 % |
L’avis indique, colonne par colonne, la base, le taux de chaque collectivité et leur évolution : c’est là qu’on voit d’où vient une hausse.
Vérifier et contester : les étapes
- Comparer l’avis avec celui de l’année précédente, ligne par ligne : base ou taux ?
- Consulter la fiche du bien dans l’espace « Gérer mes biens immobiliers » sur impots.gouv.fr : surface, nombre de pièces, éléments de confort, dépendances.
- Demander au centre des impôts fonciers le détail du calcul de la valeur locative si un écart paraît anormal.
- Réclamer par la messagerie sécurisée ou par courrier, avec justificatifs (plans, photos, factures de démolition), au plus tard le 31 décembre de l’année qui suit celle de l’avis.
- Payer à l’échéance malgré tout, ou demander un sursis de paiement dans la réclamation : contester ne suspend pas automatiquement la taxe.
Exemple fictif : une maison dont la fiche mentionne encore une piscine comblée depuis des années, ou une salle de bains en trop. La correction de la surface pondérée fait baisser la base, et l’administration peut rembourser les années encore réclamables.
Les erreurs à éviter
- Contester le taux : il est voté par la collectivité et ne se discute pas par réclamation.
- Oublier de déclarer des travaux : un agrandissement non déclaré dans les 90 jours peut être rattrapé, avec rappel. Le fisc repère désormais les piscines et extensions non déclarées.
- Laisser passer un allègement : plus de 75 ans, faibles revenus, travaux d’économie d’énergie si la commune l’a voté.
Vente, succession, terrain
La taxe foncière est un chiffre que tout acheteur regarde. Lors d’une vente, l’usage est de la répartir entre vendeur et acheteur au prorata de l’année, par une clause de l’acte. Dans une succession, les héritiers la doivent pour les biens détenus au 1er janvier, même vides : une maison héritée et inoccupée coûte chaque année, d’où l’intérêt de décider vite entre vendre, racheter les parts ou sortir de l’indivision. Groupe Serenity accompagne la vente d’une maison en succession ou en indivision en Gironde. Pour un terrain, c’est la taxe sur le foncier non bâti qui s’applique.
Questions fréquentes
Le locataire paie-t-il la taxe foncière ?
Non, elle reste à la charge du propriétaire. Seule la taxe d’enlèvement des ordures ménagères peut être refacturée au locataire.
La réforme de 2031 fera-t-elle baisser ma taxe ?
Personne ne peut le dire aujourd’hui. Tout dépendra des loyers déclarés, des tarifs fixés localement et des mécanismes de lissage qui restent à définir.
Un propriétaire bailleur devra-t-il déclarer ses loyers ?
Oui, une campagne déclarative est prévue en 2028 ; ses modalités ne sont pas encore connues.
Que faire si l’avis comporte une erreur de surface ?
Signaler l’erreur dans « Gérer mes biens immobiliers » ou par réclamation, avec un plan ou un relevé de surface.
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Sources : Code général des impôts, articles 1388 (abattement de 50 %), 1406 (déclaration des changements) et 1518 bis (revalorisation forfaitaire annuelle) · Livre des procédures fiscales, articles R.* 196-2 (délai de réclamation) et L. 277 (sursis de paiement) · Loi de finances pour 2026, article 106 ; loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, article 146 · collectivites-locales.gouv.fr : réforme des valeurs locatives (calendrier 2028-2031) · Question écrite n° 06871 de M. Hervé Maurey, Sénat, et réponse du ministre publiée le 14 mai 2026 (éléments de confort) · Insee, Informations rapides : indice des prix à la consommation, estimation provisoire de septembre 2026 (30 septembre 2026) · DGFiP, évolution des taux communaux de taxe foncière entre 2025 et 2026, citée par MoneyVox (10 septembre 2026) · impots.gouv.fr : « Gérer mes biens immobiliers » · service-public.fr
Photo : Stephane Mignon from Bruxelles, Belgique (Europe), CC BY-SA 2.0, wikimedia
