Les taux des crédits immobiliers approchent de nouveau 4 %. Le prêt à taux zéro, lui, doit s’éteindre le 31 décembre 2027, et le projet de budget 2027 ne le prolonge pas. Une prolongation jusqu’en 2030 a été votée en commission, mais rien n’est acquis. Ce que vaut le PTZ aujourd’hui, et ce qui peut se passer ensuite.
L’essentiel en 30 secondes
- Avec des crédits autour de 4 %, un PTZ de 97 200 € fait économiser près de 57 000 € d’intérêts.
- Le PTZ est acquis pour les offres de prêt émises jusqu’au 31 décembre 2027.
- Une prolongation jusqu’en 2030 a été votée en commission, mais rien n’est encore adopté.
Le prêt à taux zéro (PTZ) revient au centre des discussions. Les taux des crédits immobiliers sont repartis à la hausse, autour de 3,8 à 4 % sur 20 ou 25 ans dans les barèmes des banques à la mi-octobre 2026. Dans le même temps, le PTZ doit s’éteindre le 31 décembre 2027 et le projet de budget 2027 ne le prolonge pas. Que vaut vraiment ce prêt aujourd’hui, et que peut-il se passer après 2027 ?
Le PTZ en deux mots
Le PTZ finance une partie de l’achat de la résidence principale, sans intérêts : c’est l’État qui les paie à la banque. Il est réservé aux primo-accédants, c’est-à-dire aux ménages qui n’ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédentes, sous plafond de ressources. Il vient toujours en complément d’un prêt classique.
Appartement ou maison, partout en France depuis le 1er avril 2025.
Zones B2 et C seulement, avec au moins 25 % de travaux.
De 10 % à 50 % du coût retenu, selon les revenus et le logement.
Il se rembourse sur 25 ans au plus ; les revenus les plus modestes profitent d’un différé pendant lequel ils ne remboursent rien.
Avec des taux à 4 %, ce que le PTZ fait gagner
Plus les taux montent, plus un prêt sans intérêts vaut cher. C’est pour cela que beaucoup de professionnels le décrivent moins comme un « coup de pouce » que comme un outil qui rend l’achat possible.
Exemple chiffré : un couple avec un enfant, zone B1
Ils achètent un appartement neuf de 250 000 €. Revenu fiscal de référence 2024 : 45 000 €.
| Revenu ÷ coefficient familial 1,8 | 25 000 € → tranche 2 |
| Coût retenu (plafond 3 personnes, zone B1) | 243 000 € |
| Quotité tranche 2, appartement neuf | 40 % |
| Montant du PTZ | 97 200 € |
Sans PTZ, le même couple devrait emprunter près de 100 000 € de plus au taux du marché. Avec un taux d’endettement plafonné à 35 % par les règles du Haut Conseil de stabilité financière, beaucoup de dossiers ne passeraient tout simplement plus.
« Avec des taux proches de 4 %, le PTZ n’est plus un bonus : c’est souvent ce qui rend l’achat possible. »
Ce qui est sûr : les offres de prêt jusqu’au 31 décembre 2027
La loi de finances pour 2024 a prolongé le PTZ jusqu’au 31 décembre 2027. Ce qui compte, c’est la date d’émission de l’offre de prêt par la banque, pas celle de la signature chez le notaire ni la date de livraison du logement. Le dispositif est de plus en plus utilisé : 44 466 PTZ émis en 2024, près de 73 000 en 2025, après l’ouverture au neuf sur tout le territoire.
Ce qui ne l’est pas : la suite après 2027
Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, ne prolonge pas le PTZ. Il crée un PTZ « parentalité » et supprime le plafond annuel de dépense, mais ne touche pas à la date de fin. D’après plusieurs médias spécialisés, le Premier ministre s’est pourtant engagé fin septembre à le prolonger au-delà de 2027, sans date ni barème.
Au 16 octobre 2026, rien n’est voté. L’amendement qui repousse la fin du PTZ au 31 décembre 2030 a été adopté en commission le 8 octobre, mais l’examen en séance repart du texte du gouvernement. Il doit être redéposé avant le vote du 20 octobre, puis passer au Sénat.
Trois scénarios possibles
Si l’amendement est repris en séance puis conservé au Sénat.
Barème revu, zones resserrées ou quotités réduites.
La question serait renvoyée au budget 2028.
Pourquoi les vendeurs sont concernés
Une bonne partie des acheteurs de logements neufs, et de logements anciens à rénover dans les zones B2 et C, sont des primo-accédants. Si le PTZ disparaît, leur budget baisse d’autant, et avec lui le prix qu’ils peuvent payer. Vendeurs de terrains, de maisons à rénover ou d’appartements familiaux ont donc intérêt à suivre le débat.
Que faire si vous avez un projet
- Votre dossier est prêt ? N’attendez pas un PTZ hypothétique plus généreux : le dispositif actuel est acquis.
- Vous visez le neuf ? Comptez deux à quatre mois entre la réservation et l’émission de l’offre de prêt.
- Vous attendez un enfant ? Le PTZ « parentalité » peut valoir la peine d’attendre le vote définitif, mais ne l’intégrez pas à votre plan de financement avant sa publication.
- Ancien ou neuf ? Vérifiez la zone de la commune : dans l’ancien, seules les zones B2 et C sont éligibles.
Questions fréquentes
Le PTZ va-t-il disparaître en 2028 ?
En l’état du droit, il s’arrête pour les offres de prêt émises après le 31 décembre 2027. Une prolongation jusqu’en 2030 a été votée en commission, mais elle doit encore être adoptée en séance, au Sénat, puis publiée.
Faut-il signer chez le notaire avant fin 2027 ?
Non. C’est la date d’émission de l’offre de prêt qui compte.
Le PTZ finance-t-il une maison ancienne ?
Oui, dans les communes classées B2 et C, si les travaux représentent au moins 25 % du coût total de l’opération.
Sources : Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, déposé le 1er octobre 2026, article 7 et exposé des motifs · Amendement I-CF675 (prorogation du PTZ au 31 décembre 2030), adopté en commission des finances le 8 octobre 2026 · Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi de finances pour 2027 · Code de la construction et de l’habitation, articles L. 31-10-1 et suivants ; loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024, article 71 · Service-public : prêt à taux zéro · Notaires de France : le PTZ est prolongé jusqu’au 31 décembre 2027 · Cafpi : PTZ, acheter en 2026 ou attendre 2027 · Immo9 : fin du PTZ en 2027, le gouvernement repousse l’échéance · Haut Conseil de stabilité financière, décision D-HCSF-2021-7 (taux d’effort de 35 %)
Photo : CHABERT Louis, CC BY-SA 4.0, wikimedia
